Pratiques de la permaculture et de l’économie alternative

Dimanche 6 avril : La dynamique de la transition sur notre territoire, un an après !


  • 14h :  Conférence : «En quoi les pratiques de la permaculture et de l’économie alternative sont des alliés pour entrer en transition» Par Yann Sourbier, membre du comité de pilotage du compagnonnage du Réseau d’échanges de pratiques alternative et solidaires (REPAS) et « acteur structurant » depuis 37 ans au hameau du Viel Audon en Ardèche et élu local…

Je m’appelle Yann SOURBIER. Je vis en Ardèche du Sud, à Balazuc.

J’œuvre depuis 38 ans sur le hameau du Viel Audon à un projet collectif basé sur la transmission des savoir-être coopératifs, écologiques et économiques mêlant agriculture, éducation, accueil, formation, reconstruction d’habitats écologiques et groupés, bénévolat, salariat et volontariat.

Je suis depuis 22 ans acteur du Réseau d’Échanges de Pratiques Alternatives et Solidaires : R.E.P.A.S.

Les membres de ce réseau sont pour la plupart des acteurs de l’éducation populaire. Ils ont entrepris d’agir sur l’économie et depuis 40 ans ils produisent des marchandises, des biens et des services qu’ils ont mis sur le marché avec l’idée de reprendre pouvoir sur l’ensemble du fil éthique que l’on peut attendre d’une production et de sa vente. Cette éthique est assez bien résumée par ces paroles de Nelson Mandela : « L’honnêteté, la sincérité, la simplicité, l’humilité, la générosité, l’absence de vanité, la capacité à servir les autres, qualités à la portée de toutes les âmes, sont de véritables fondations de notre vie spirituelle. »

Et si nos entreprises pouvaient apprendre à vivre et être à la fois un espace de transformation sociale et d’épanouissement personnel, voir même d’incarnation des valeurs qui alimentent nos désirs d’une autre société humaine ?

Nos structures (association, GAEC, SCOP, SCIC, SCEA, SAPO, SARL) et les équipes qui les gèrent se sont patiemment confrontées à la recherche de capital, à la constitution de la trésorerie, au commerce, à la gestion des ressources humaines en gardant le cap de l’équité des salaires, du refus de la relation de subordination du contrat de travail, de la répartition adéquate des bénéfices, de la gouvernance par ceux qui travaillent, de la cohérence écologique de nos produits, de l’utilité sociétal de notre action sur nos territoires.

Cette confrontation a nourri l’expérience et permis la mise en place d’une capacité à transmettre pour des jeunes autour d’un parcours de compagnonnage alternatif qui va fêter ces 20 ans.

Depuis quelques années, en cherchant à théoriser mes pratiques d’entrepreneur alternatif pour les transmettre, j’ai trouvé pertinente la grille d’analyse du design en permaculture et les pratiques qui en découlent. J’ai adopté l’éthique de la permaculture mais en renversant le propos qui la caractérise trop souvent en France.

Non pas prendre soin de l’humain et de la nature comme premier principe (car qui n’agit pas ou très peu préserve et respecte, mais c’est un peu facile non ?) mais décider de produire à foison de l’utile et du bon tout en respectant l’humain et la nature… Ce sont ces deux dynamiques que nous avons tant de mal à conjuguer. Produire sans détruire la nature ou réduire en esclavage l’humain !

Et puis, non pas partager les surplus mais de la richesse produite, savoir ce qui est suffisant pour prendre sa part et rester généreux. Un tout autre travail sur soi !

Nous avons créé autour de nos entreprises des écosystèmes vivants et dynamiques que nous souhaitons vertueux et nous sommes devenus les designers d’un projet social et politique que nous avons mis dans nos mains et dans celles moins visibles du marché… Tout ça sans attendre d’un parti qu’il nous montre le chemin… et nous prenne par la main pour nous dire pour quel type de croissance voter…

 

Je viens vers vous pour témoigner de cette histoire et de l’espoir qu’elle peut faire naître.

Copyright © 2016. All Rights Reserved.